Soirée mémorable au Montreux Jazz: Youssou N’Dour et Lamomali de -M-

Samedi 15 juillet 2017, pour la 3e fois depuis 2014, nous avons largué nos filles et sommes allés passer la soirée avec Mathieu Chedid dans le fabuleux Auditorium Stravinski durant le Montreux Jazz Festival. Cette fois, en plus, nous avons profité vraiment du 2e concert, en découvrant Youssou N’Dour en live.

En effet, lors de nos autres soirées avec — M —, dont l’une avec sa famille, que j’avais racontée sur cuk.ch, les autres concerts ne nous intéressaient pas. Cette fois-ci, nous avons profité du 1er concert en intégralité.

En effet, nous connaissons Youssou N’Dour, surtout pour ses contributions avec Peter Gabriel, et son tube Seven Seconds, qu’il a d’ailleurs chanté avec sa choriste.

Nous avons eu droit à 1 h 30 de musique entraînante, nous plongeant dans le Sénégal! Sans rien connaître véritablement de ses chansons, nous avons été transportés, tant il respirait la joie d’être sur scène et de partager ce moment! Accompagné du Super Étoile de Dakar, groupe composé de 11 musiciens, dont 1 batteur, 3 percussionnistes, 2 claviers, 2 guitares, 1 basse, 2 choristes et 1 saxophoniste, et d’un danseur qui est parfois apparu, ce fut un concert qui m’a fait oublier la notion du temps! Par son aspect très rythmique (1 tiers du groupe, quand même), c’est un peu les tripes qui se sont fait avaler, mangées, retournées et j’ai bougé comme rarement dans un concert, surtout avec des musiques que je ne connaissais pas.

 

Je ne suis pas certain d’écouter Youssou N’Dour en disque, mais en concert, c’est vraiment prenant. Et l’ami Youssou même s’il a un peu vieilli (il ressemble d’ailleurs à Herbie Hancock, avec ses lunettes…) a toujours une voix magnifique, qui prend aux tripes, comme sur cette chanson à la gloire de l’Afrique.

 

Bref, un superbe moment, ponctué d’un rappel avec Mathieu Chedid, et les Diabaté père et fils, Toumani et Sidiki.

 

Ensuite, ce fut le concert de Lamomali, le dernier projet de — M —. En bref, ce projet a été fait par Mathieu Chedid et son envie de collaborer avec plusieurs artistes maliens.

L’album est une réussite totale, à mon sens, avec une fusion surprenante de genres, et d’instruments d’origine divers. La guitare électrique, la kora, le djembé, la batterie, les samplers, un quatuor à cordes, et un DJ! De la musique malienne, du blues, du funk, un rappeur, du classique!

Tout cela, sur un album, ça peut passer; on se dit qu’en studio, c’est plus simple à gérer qu’en concert. Eh bien non. La tournée est avec les principaux invités de l’album, celles et ceux qui participent à plusieurs chansons. Par exemple, nous avions espéré que Youssou N’Dour, qui apparaît sur l’album, ne le rejoigne pour un rappel, mais ce ne fut pas le cas, malgré qu’ils aient chanté cette chanson à laquelle il a participé…. dommage.

Donc, avec lui, sur scène, il a son groupe (batterie, guitare/synthé, et un DJ), ajouté de 2 choristes, 1 percussionniste, Oxmo Puccino (le rappeur), Fatoumata Diawara, une chanteuse malienne aussi talentueuse que charismatique, Sidiki Diabaté, chanteur, joueur de kora, fils de Toumani Diabaté, 71e descendant d’une famille de griot/joueur de kora au Mali. Je suis navré pour les musiciens et les choristes, mais je n’ai pas retenu les noms!

La setlist, magnifique, est organisée avec une alternance de morceaux calmes, en petite formation, et de plus funky, énergiques, en formation complète.

Quasiment tout l’album Lamomali est joué, avec certains « tubes » de — M — revisités, et chaque invité a droit à un morceau de son cru.

 

La chanteuse Fatoumata Diawara capte les oreilles et les yeux, par ses talents de musicienne autant que par son charisme.

Je n’ai pas trouvé de vidéo satisfaisante de son morceau personnel, par contre ce lien peut vous donner une idée de la tonalité des morceaux et des talents des uns et des autres :

 

 

 

Toumani Diabaté, se déplaçant difficilement à l’aide d’une béquille, mais ne l’empêchant pas de rentrer et sortir de scène plusieurs fois, a l’attitude du vieux sage plein de bienveillance pour cette bande de jeunes agités. Toujours le sourire aux lèvres, il participe joyeusement aux morceaux festifs et nous démontre sa virtuosité à la kora sur un duo avec son fils, sur un morceau de leur composition au sujet des morts durant la traversée sur Lampedusa :

 

 

Sidiki Diabaté, quant à lui, démontre tour à tour ses qualités de chanteur, de showman, et de joueur de kora, sur les morceaux communs, et mets le feu à l’assistance sur une de ses chansons, qui mélange les genres avec une partie chantée et calme en solo, suivi d’une partie bien plus énergique, et électrique. D’ailleurs, sa kora est électro-acoustique, lui permettant d’utiliser des effets dessus. Navré pour le lien, je n’ai pas trouvé mieux, mais si vous tenez jusqu’à environ 2,50 minutes, vous verrez la transition « électrique » :

 

 

Et ils ont eu la (très) bonne idée de reprendre à leur sauce une chanson de Balavoine, « Sauver l’amour » dont voici un plutôt bon enregistrement :

 

 

En tout, ce concert aura duré deux heures. C’est juste génial d’avoir le set au complet de la tournée! Dans une salle aussi exceptionnelle que le Stravinski, cela donne au tout une soirée magique.

 

En bref :

  • 3 heures et 30 minutes de concerts pour 2 concerts,
  • une ambiance de feu,
  • j’ai bougé et dansé comme rarement dans ma vie! et j’ai mal au dos, aux genoux, aux pieds…
  • Une soirée très réussie. Merci le MJF pour une soirée telle que celle-ci!

 

Et plus globalement, je crois bien que Mathieu Chedid fait partie de ces rares artistes qui soient capables de donner à leur concert une impression de proximité malgré la taille de la salle. Cette impression de proximité n’empêche pas un vrai show complet (lumière, ambiance…), le tout avec une qualité musicale indéniable, une originalité incontestable, et des surprises musicales (il propose à chaque tournée des versions différentes de ses chansons, des invités, et même des reprises inattendues). Et il fait tout cela avec une vraie humilité. Parfois, il disparaît de scène, d’autre fois, il est juste musicien, et mets en valeur ses invités. Je n’ai vu que deux personnes capables de tout cela, jusqu’à maintenant, en concert : Jean-Jacques Goldman (même si je pondère l’originalité musicale), mais surtout Peter Gabriel, dont je vous rappelle que son œuvre a une place à part pour moi, comme je l’avais écrit aussi sur cuk.ch.

 

Enfin, je n’ai pas fait de photos, ni vidéo, car j’ai privilégié de vivre le moment en direct, et non à travers un appareil. Du coup, vu que nous n’étions pas tout près, cela fait des photos souvenirs de loin. Mais si vous cliquez dessus, vous pourrez les voir en plein écran, ce sera toujours mieux que ces petites capsules!

Youssou N’Dour et le Super Étoile de Dakar.

 

Le show de Lamomali.

 

Toute la bande de Lamomali.

 

 

Et enfin, cet article donne également bien la tonalité de ce qu’on a vécu samedi soir.


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3 commentaires

  1. Waouw! Ça fait envie!
    Je vais assez rarement à des concerts de cette envergure. Mais là, en te lisant, je réalise à quel point M est porteur de ces valeurs de rencontre et de partage qui me sont chères. La prochaine fois qu’il sera dans le coin, je ferai péter ma tirelire et m’offrirai un bonne place!
    Je n’ai jamais été vraiment fan de la musique africaine, bien qu’étant très sensible aux rythmes. Mais c’est vrai que ces derniers temps, j’ai été quelques fois touché. La dernière fois, c’était lors du concert du Galissa / Liebeskind quartet à la fête de la musique à Genève. Kora, guitare, contrebasse et batterie.
    Ton billet vient en remettre une couche et me donne envie de m’intéresser de plus près à cette musique. Merci!

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