Kaamelott, premier volet – “la patience est un plat qui se mange sans sauce!”

Bah oui, quoi… il n’y a pas de raison… je vais à mon tour rédiger un article sur l’événement cinématographique francophone de cet été marqué de mon côté autant par les activités circassiennes de mes filles, et des débordements d’eau divers (j’y reviendrai bientôt) dans notre région — heureusement sans dégâts humains.

Pour celles et ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux, vous savez que je partage depuis le printemps 2020 chaque nouvelle annonce liée au retour du roi Arthur dans Kaamelott, premier volet, dont voici la bande-annonce si vous ne l’avez pas encore vu. J’attendais ce film avec impatience depuis si longtemps, comme près de 2’000’000 de spectatrices et spectateurs francophones apparemment, selon les derniers chiffres de fréquentations que j’ai pu voir passer. Et tout cela, avec la situation française d’avoir un pass sanitaire pour aller au cinéma, ce qui n’est heureusement pas le cas en Suisse.

Donc, il s’agit du premier film depuis fin 2019 que je revois au cinéma. Et rien que cela, ça m’a fait du bien ! Ensuite, nous l’attendions avec impatience avec ma femme, et nous nous sommes posé la question d’y aller seuls ou avec les filles. Finalement, nous leur avons montré la bande-annonce, et elles ont été intéressées. Nous leur avons ensuite montré quelques épisodes cultes (je pourrai les mettre dans un autre article si vous le souhaitez) et nous les avons briefés sur les événements précédents le film.

Et bien, je peux dire que tout le monde a adoré! Au point que nous sommes en train de regarder intégralement petit à petit la série les 4 ensemble, car je m’étais procuré à l’époque le somptueux coffret Bluray. Et je dois dire qu’aujourd’hui, entendre ma fille Izia, à 8.5 ans, me sortir à bon escient des phrases cultes de la série, c’est à se tordre!

Donc, à ce stade déjà, entre le retour au cinéma et un plaisir familial à (re)découvrir cet univers, je dois dire que je suis comblé.


Avec Kali, nous sommes en train de lire les BDs, parce que vous ne le savez peut-être pas, mais Alexandre Astier a décliné également cet univers en BD (9 tomes parus à ce jour), qui présentent des aventures inédites et autonomes se déroulant du temps des 2 premières saisons (Livre I et II selon la terminologie usuelle de l’univers Kaamelott). Je vous les conseille si vous êtes fans de la série. Astier signant les dialogues et l’histoire, on y retrouve cette patte incroyable.


J’en arrive maintenant au film.

Pour commencer, je vais dire que je n’ai pas vu passer les 2 heures de film, au contraire de ce que j’ai pu lire ici ou là. Certains lui reprochent un passage difficile entre le format TV et le grand écran. Même si je reconnais que le film peut avoir des défauts en termes de « grand spectacle » par rapport à d’autres productions dans l’héroïc fantasy — ce que souhaite Astier — il les rattrape grandement avec sa galerie de personnages toujours aussi absurdes et surprenants. Les dialogues sont toujours incisifs, l’humour toujours aussi percutant. Les actrices et acteurs y sont toujours incroyables (mention spéciale, mais comme pour la série, à Frank Pitiot/Perceval, Anne Girouard/Guenièvre et Alain Chabat/Duc d’Aquitaine). À ce propos, ces 3 personnes sont celles qui amènent autant de poésie absurde que d’émotions véritables. À noter également une belle présence de Sting que je me réjouis de voir développer dans la suite.

À côté de cela, Alexandre Astier a pu développer un peu plus cette tonalité plus dramatique que je pensais ne venir qu’au Livre V de la série (j’y reviendrai plus tard) et que j’avais aimé. En effet, la série avait déjà évolué dans un sens plus sombre, au grand dam d’une partie du public à l’époque. Hé bien moi, j’aime bien ce type d’évolution. Son beau-frère Simon Astier (Yvain dans la série Kaamelott, mais pas dans le film, pourquoi ?) avait fait pareil dans la série Hero Corp. En fait, ne faire que des gags pour une série ne permet pas vraiment de faire évoluer l’histoire. Donc, pour moi, c’est typiquement le genre d’évolution que j’attends.

Et là, dans Kaamelott, premier volet, j’adore la tournure que cela prend. Au point que le film, s’il peut décevoir sur les scènes de bagarres et d’actions, a réussi à m’émouvoir sincèrement à un autre moment. Et si j’ai été ému, c’est la connaissance de l’évolution des personnages, ainsi que l’interprétation à mon sens.

D’un autre côté, les gags débiles existent toujours, et j’ai ri aux larmes durant la partie de robobrole, dont voici retranscrites les explications par écrit. Attention, ce lien est réservé à celles et ceux qui ont vu le film. Pour les autres, passez votre tour, et vous pourrez y venir plus tard, sans quoi, vous allez vous demander de quoi il s’agit.

Je tiens à dire également au sujet du siège par les Burgondes que j’y ai vu des côtés « Asterixien ». Sachant qu’Astier a réalisé 2 films animés, dont l’adaptation du « Domaine des dieux », et la création « Le secret de la potion magique » (que je n’ai pas vu), j’y vois pour ma part une mise en scène en hommage à Uderzo et Gosciny, surtout pour la prise de vue par-dessus. C’est à la fois grotesque, esthétique, un peu tiré par les cheveux, mais cela rend bien pour moi à l’écran. Nous ne sommes pas dans les batailles du « Seigneurs des anneaux », ou de « Games of Thrones », c’est sûr, mais ce n’est pas ce genre de film.

Bref, « Kaamelott, premier volet » est pour moi l’évolution de la série, le développement de l’histoire qu’Alexandre Astier a toujours espéré. Et maintenant que le film marche, vivement qu’il se penche sur les 2 suivants, vu qu’il a toujours espéré réaliser une trilogie, pour autant que le public le suive. Ça m’a l’air bien parti !

Donc, ce film est formidable pour moi pour les raisons suivantes:

  • Les personnages et le casting
  • les dialogues
  • l’humour naviguant entre petites phrases percutantes et grandes séquences absurdes
  • le développement des personnages et les émotions surprenantes qu’il arrive à provoquer
  • les costumes et les prises de vues (qu’est-ce que c’est beau à l’écran!)

Et il peut encore s’améliorer dans:

  • les séquences de batailles
  • certains effets spéciaux

Je pourrai citer le suspens, car je peux lire ici ou là des déceptions sur l’intrigue… mais pour moi, pas de déception possible, il s’agit d’une réinterprétation des légendes arthuriennes, donc grosso modo, je sais comment cela va se terminer pour certains personnages. Par contre, j’attends avec impatience de voir comment Alexandre Astier va continuer sa version. Je ne suis pas devant un film d’espionnage, ou un thriller. Donc, même si l’intrigue est un peu cousue de fil blanc, et peut se comprendre facilement, ce n’est pas cela que je cherche dans ce genre de film. Je le vis donc très bien pour ma part.


Maintenant, nous sommes en train de revoir la série intégralement en famille.

Et sans compter le plaisir de revoir certains épisodes cultes, et d’en redécouvrir d’autres, je réalise à quel point Alexandre Astier savait déjà dans quelle direction il voulait aller avec son histoire.

J’avais le souvenir d’un tournant avec le Livre V, mais en fait, déjà dans le Livre II, des épisodes placent les jalons de la direction que va prendre le récit. Même s’il affirme n’avoir pas tout écrit à l’avance, ce que je crois volontiers, il sait par contre les grandes lignes de l’évolution des personnages, sinon certains anciens épisodes ne raisonneraient pas pareillement connaissant là où ils en sont aujourd’hui.

Je conseille donc à toutes celles et ceux qui ont vu le film de revoir la série en attendant la fin de l’année et la sortie du Bluray pour revoir le film.


Enfin, voici une liste de quelques liens que je vous conseille pour en connaître davantage:

À propos de la très belle musique du film (écrite et composée par Alexandre Astier):


À Propos des magnifiques costumes:

Entretien avec Marylin Fitoussi


À propos du film en général:

en podcast radio : les 5 entretiens avec Antoine de Caunes dans son émission Popopop

ou en vidéo:

Il en existe plusieurs, mais je vous mets cet interview, d’un média “jeune” n’existant que sur internet, car je trouve que cela donne une tonalité différente:


La prochaine fois que je vous en parlerai, ce sera pour le deuxième volet, que j’espère pas trop tardif… on a attendu 10 ans pour celui-ci… je pense qu’on en a assez fait.

Si vraiment cela arrive, je pense que j’en aurai gros.

Et merci de garder vos colifichets pour vous, car j’aimerais simplement qu’on me considère en tant que tel.

Enfin, j’espère que vous aurez trouvé cet article assez filiforme et voici ma citation favorite, Arthur s’adressant à Karadoc et Percival:

…Parce que, je sais pas comment vous dire, c’est systématiquement débile, mais c’est toujours inattendu ! Et ça, c’est très important pour la santé du… Du cigare.

Arthur Pendragon, Kaamelott