Internet, et la liberté de partager

Attention, cet article est avant tout le partage d’une réflexion globale quant à l’utilisation d’internet, la notion du partage et les valeurs portées par les logiciels libres.

Récemment, j’ai eu plusieurs fois l’occasion d’échanger avec différentes personnes sur la notion de partage. Je constate un écart de vision, souvent, entre les attitudes dans la vie, et sur internet, et relativement à l’informatique de manière général.

En effet, il y  a un mouvement collectif lié aux différentes solidarités, et échanges de savoirs, de compétences, voire de matériel.

Par contre, dans le domaine informatique, je constate que ces mêmes personnes ne se posent pas de questions. Ils utilisent exclusivement les outils issus des GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft). Ces géants nous tiennent  d’un côté par les données que nous leur livrons en utilisant leur produit, et du coup, nous contribuons au modèle économique des licences propriétaires.

A contrario, le monde des logiciels libres s’affranchit de ce type de contrainte. Peut-être le savez-vous, mais dans ce domaine, il est question de 4 libertés fondamentales, qui définissent si le logiciel est véritablement libre:

  • la liberté d’utiliser le logiciel
  • la liberté de copier le logiciel
  • la liberté d’étudier le logiciel
  • la liberté de modifier le logiciel et de redistribuer les versions modifiées

Les deux dernières libertés ne peuvent s’appliquer que si l’on à accès au code source qui est en quelque sorte la recette de fabrication du logiciel.

Dans les faits, ces libertés sont régies également par des licences copyleft, qui garantissent qu’un produit transformé doit rester dans la même licence que son origine.

Issu de ce monde, le mouvement des licences creatives commons est devenu une norme internationale concernant des licences à apposer à des éléments que nous pouvons créer et partager (comme de la musique, des écrits, des outils, des photos, etc…). Ces licences permettent une assise juridique reconnue internationnalement en alternatives au système des droits d’auteur classiques. Ce qui je trouve intéressant dans ces licences, c’est la variété permettant de régler les modalités de ce que nous partageons.

François Charlet a fait un article démontrant l’application correct  au regard du droit suisse de ces licences.

En bref, ces licences permettent de choisir entre 4 modalités :

 

 

PARTAGE DANS LES MEMES CONDITIONS : Vous autorisez les autres à reproduire, diffuser et modifier votre œuvre, à condition qu’ils publient toute adaptation de votre œuvre sous les mêmes conditions que votre oeuvre. Toute personne qui souhaiterait publier une adaptation sous d’autres conditions doit obtenir votre autorisation préalable.

 

PAS DE MODIFICATION : Vous autorisez la reproduction et la diffusion uniquement de l’original de votre oeuvre. Si quelqu’un veut la modifier, il doit obtenir votre autorisation préalable.

 

 

 

 

Ces 4 modalités peuvent être combinées en 6 variantes de licences (chaque variante a un lien cliquable amenant sur les détails s’y relatant) :

Bref, ces licences permettent de baliser légalement et officiellement la manière dont nous partageons, et dont nous autorisons les autres à utiliser nos créations.

 

C’est parfois dommage d’en arriver là, mais au moins, ces licences, avec leur reconnaissance internationale, permette à celles et ceux qui souhaitent partager d’annoncer clairement la couleur. Peut-être que certaines et certains pourraient un peu mieux appliquer ces licences, afin d’éviter ce que je vois trop souvent. J’ai vu récemment un exemple typique de méconnaissance de ces mécanisme:

Quelqu’un met en partage sur son blog un document modifiable. Une autre le modifie, et le repartage depuis son blog. La 1ère est fâchée du fait que la 2ème le partage depuis chez elle, même si cette dernière cite ces sources, car elle aimerait que tout document modifié ne soit téléchargeable que depuis chez elle, sur le blog d’origine.

Avec une licence claire, et les valeurs portées par les domaines pré-cités, la 2ème est dans son droit. Sans ce cadre, nous pouvons nous retrouver avec des réactions « à la tête du client », ce qui est dommage.

 

Une fois que nous partageons un élément modifiable, il me paraît essentiel d’en assumer « la perte d’origine », et de ne pas revendiquer que chaque personne qui aurait amener des variantes lui soit redevable, en lui fournissant les fichiers ainsi créés. Sinon, nous sommes dans la variante 2 des creatives commons, soit une mise à disposition, mais sans modifications possibles.

 

Bref, partager est un acte solidaire. Sinon, c’est du marchandage… enfin, c’est mon avis… et c’est pourquoi plein de personnes ont développés les principes, valeurs, et licences précitées.

 

Une citation de Jean-Louis Barraud pour finir cet article (merci google dans ce cas ;o))

“La liberté, c’est la faculté de choisir ses contraintes.”

 

Sources:

http://www.creativecommons.ch/ (en allemand)

https://francoischarlet.ch/2011/les-creative-commons-et-le-droit-suisse/ (page mise à jour en juin 2017)

http://creativecommons.fr/

https://www.gnu.org/copyleft/copyleft.html

 


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3 commentaires

  1. Jolie citation, qui illustre tout à fait ton article très clair.

    Je trouve chouette de pouvoir partager quelque chose. Mais c’est vrai que moi, ce qui me bloque, c’est qu’on puisse le modifier. Typiquement, je teste à mort un programme avant de le mettre en ligne. Je n’ai pas envie que quelqu’un vienne me le bousiller.

    Donc ces licences devraient régler mon problème.

    Merci de nous avoir expliqué tout ça.

  2. J’aime bien la citation aussi, que je connaissais sous la forme « Être libre, c’est choisir son esclavage. »
    Merci pour ce petit topo bien foutu! Les droits, en ce moment, c’est un vrai problème. Même pour Canal+, semble-t-il… 🙂

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